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nzilapawol.com

poésie-pawol- Martinique-lanmou

50/50 inachevé

50 /50

Je n’ai pas vu passer le temps, j’ai l’impression de « devenir » de loin !

Tant d’époques traversées !

 Je n’ai pas vu à quel moment  les « lafoukistes «  se sont mis à « backshooter »..

Le si bon di i bon s’est « mofrazé » en toupatou, comme le «  tout ti twou sé twou ».

Je n’ai pas connu Sodome et Gomor, ni les matadors mais ce n’est pas d’aujourd’hui que tout est permis même sans pertuis.

Chaque génération doit être debout derrière son discours et son parcours.

Et depuis longtemps, le lolo ce rigolo a rapporté gros et  tout le monde sait que :

« zizi yo enmen sa ! »

Tu as sucé son frozen qui était long comme un maïs.

Mais oui ça glisse !!!

Alors glissons avec ou sans graisse depuis le temps de l’antique «  Bless ».

La bless qui a fait de la victime l’auteur du crime.

 Quoi de plus hardcore ,  quoi de plus gore qu’un assassin adulé par la femme à  qui il vient de  couper le sein et  dévorer son fils sans avoir faim ?

Quoi de plus pornographique que le viol de nos consciences et la violence récurrente de l’agresseur qui jouit de l’assurance vie de cette race qu’il élimine depuis des nuits.

Les amis partent, vont et viennent et je ne sais ce qui les fait valser.

Pourtant je suis encore prêt à faire confiance sans naïveté.

J’ai été jusqu’au quai et j’ai vu la guadeloupéenne en peine, devant ce gros calibre de bateau sur l’eau.

Adieu foulard !  Adieu madras !  Adieu putain !

 Et bisous mon capitaine.

A trop vouloir les regarder nous n’avons pas vu que  nous portions des chaînes.

Et nous nous  sommes vus dans un «  imité ka détenn sanmanman » et sans fin.

Avec ou sans sanitaire nos bouches accueillent  gaiement leurs excréments.

Je me souviens de mes premiers pas dans la jungle de béton derrière ses murs.

 Je  n’imaginais pas qu’il s’agissait en fait, d’une acclimatation aux cloisons de la prison.

Tous dans la cour aux pieds des bâtiments,  tous en cage d’escalier, à l’aube  d’une chute annoncée.

Ne dit-on pas qu’il est tombé ?

Plus le crime est gros, plus la victime accepte de vivre l’enfer de la cohabitation avec son prédateur.

J’ai brisé des cœurs mais jamais des corps.

J’ai souvent eu tort mais je ne soumets personne  à la loi du plus fort.

J’ai l’air d’un pain doux et je surprends souvent quand je remets les coups.

J’ai toujours plané donc je ne danserai pas avec les loups.

En plein vol au-dessus d’un nid de Coucous, j’ai ce côté voyou.

Cette date imminente me conduit à une réflexion créative.

Un « kabéché » sur ces années que j’ai à peine vu passer et je rends grâce à la vie  qui m’a vu naître comme une bouteille du millésime 1972.

J’ai entendu parler de partouzes mais je ne  les ai jamais vues  sur l’écran de mon téléphone alors j’accepte mon

« Asbeenisme ».

Bébé Marley, génération H I P H O P, ych man raggamurfin , j’ai connu disiplin et slackness j’ai tenté de soigner la bless en docteur feuilles imaginaire que je suis.

Je me suis refusé à la passion, j’ai perdu la tête,  pourtant je n’habitais pas à deux pas de Colson.

J’aimais les pétards et j’ai vu ma fumée devenir à moitié légale.

Sans père j’ai cherché mes  repères,  ma famille brisée,  j’ai voulu façonner le moule du fils qui deviendrait le papa de l’homme.

Mais en vérité depuis que je suis sur terre je me demande parfois ce que je suis venu chercher dans cette ère ?

Depuis combien de siècles  tout tourne à leur avantage et ce peuple se délecte dans les mauvais présages.

Tout le monde veut la paix et chante la guerre.

Consommateurs de contradictions,  la soumission est devenue pour certains une tradition.

D’autres pensent avoir toujours le poste de commandeur d’habitation et dans son langage la jeunesse parle de gérance.

Fini le temps où la danse était une véritable performance ?

Déjà à l’époque de mon adolescence mamie Emérante, assistant à un kolé séré de ma génération, disait :

«  sé moun la ka kouché toudoubout ! »

Je ne sais pas quels mots,  elle aurait pu trouver pour ce que je vois aujourd’hui.

Mais glissons, glissons comme le disait Momo (Maurice Alcindor)

.

Le divorce de mes parents semble être le point de départ de la dépression qui m’accompagne  mais  je ne  l’ai connue véritablement qu’à la suite d’une autre séparation plusieurs années après.

Mais ma première déception sentimentale date de mes années maternelles.

Les mots et les écrits m’ont soigné et aujourd’hui je suis un chemin de parole appelez-moi Nzila Pawol

Je viens d’appeler un de mes pairs  et nous philosophions autour de la  « temple Oralité ».

Nous évoquions cette parole qui nourrit la rencontre des âmes, des corps  et des esprits.

Ce coup de rein originel,  le nannan, la substantifique moelle que l’on suce jusqu’au zo Koko.

Je ne pensais pas  faire de vieux os ici-bas, je me vois assis là à  écrire  mes maux.

Je me vois encore là à devoir me battre pour défendre mon dû et ma couleur de peau.

Alors dans quel temps  sommes-nous si je dois encore résister comme mes aïeux, résister face à ce monstre féroce friand de civilisations autres que la sienne, Glouton sans foi ni loi, donneur de leçons mais qui n’a jamais respecté la parole donnée. 

La liberté ? L’égalité ?  La Fraternité ?

 Pour mes semblables cette devise n’a  jamais existé sur les terres brulées par leur passage.

Je ne crois  pas en ce rêve et je le dit haut et fort :

«  Pa fè mwen y Martin !!!! »

Nos sommes dans un jeu « kotjen » où la corruption s’est  confondue avec le libre-échange dès la première rencontre.

Cette force extérieure ne connait que  le langage de la violence,  logique qu’elle enfante des assoiffés de sang impur ou pas.

J’ai encore fais un pas vers ce demi-siècle et pourtant je me demande ce qui a  véritablement changé dans cette colonie.

On me dit dans l’oreillette  d’arrêter de vivre dans le passé, mais ce temps imparfait me semble plus que présent  et cela  saute à nos yeux  mais certains préfèrent  faire la sourde oreille.

Je crois pourtant en une réalité pleine de merveilles, même si je ne vois  rien de nouveau sous ce soleil.

J’ai craché leur poison biblique pour faire de la place à ma cosmogonie originelle.

J’ai eu plusieurs baptêmes et j’ai eu plusieurs noms l’un d’entre eux est né avant mon baptême du feu dans le cercle des Mc ‘s.

 Jeune et ignorant je  croyais encore à leur dieu et je me suis dit que ma sagesse n’était que folie  d’où le Madnick.

Pour mon baptême orthodoxe éthiopien j’ai été nommé Wolde Hiwot, fils de la vie .

Dans la civilisation Nanbouch nous étions tous des «  malfinis »  oiseau totem.

J’ai dû gérer tout ces gens qui m’habitent, Dilove I, kalté Nèg la ,  Nikko kako , Shango ….

Adepte de la Sagesse Kongo Mi mwen sé Nzila Nkôngo.

Initié de couvent Dah Ayidji  je suis Abidogoun le rassembleur.                                                                                         

Le temps a façonné Nzila pawol.

Mais depuis  quand cet esprit traverse les siècles ? Je ne sais pas !

Papi Roland m’appelle Nèg bwa, les esprits me guident dans le bois sacré de iwanakaera .

Le lieu où les ancêtres de plusieurs civilisations cohabitent dans l’éther et le mystique.

Comme un centre cosmique, un lieu de vie,  plusieurs mémoires foulèrent ce sol.

Notre humanité cassée plusieurs fois, notre conscience nous pousse à recoller les morceaux.

Nous sommes faits de  krik et de crack, de bric et de broc, de chic et de chocs.

Regardez ce que le demi-siècle provoque.

Les mots disent et les mots se saisissent de moi et me chevauchent comme un lwa.

Je perds le contrôle et je me laisse  guider sur cette route faite de mots, de traces …

J’ai vu cette tête couronnée prendre la voix du trépas et je trésaille  de joie.

Vermin tèt kouroné a milim !!

Un juste retour de flammes, alors chauffez moi le bucher à la hauteur de leurs crimes récurrents.

Prenez votre ticket je me fais feu pour vous enlacer.

Papier, de pages blanches et de pages tournées.  .

Revenu sur terre pour vous aimer femmes tellement de prénoms, tellement de bons moments.

Tellement d’aventures, tellement de sentiments inavoués, tellement de personnes dévouées.

Tellement de divinités, polygame abstinent votre douceur comme calmant.

J’ai retrouvé ces âmes sœurs mais je ne sais pas si j’ai assez de place dans mon cœur.

J’ai appris a aimé sans toucher,  sans conquérir, sans subir sans forcer.

Combiens de reines j’ai laissé partir et combien m’ont laissé seul avec mes souvenirs.

Une seule a suffi pour réaliser mon désir de paternité  aujourd’hui je suis père d’une petit reine en devenir.

Et quand je la vois grandir je comprends encore mieux pourquoi j’ai toujours eu un respect profond pour ces énergies féminines qui redonnent la vie aux esprits qui traversent le temps.

Longues vies aux pères et aux mères qui assument et qui comprennent le sens profond de ce principe hautement spirituel de la « reproduction ».

 

 

   .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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